E-commerçants: Il faut viser haut et vite (L’exemple d’Amazon)

 

Amazon: L'Exemple A Suivre

Tous ceux qui se sont lancés dans l’E-commerce ces dernières années ont en tête la fulgurante ascension d’Amazon. Beaucoup de challengers ont d’ailleurs copié trait pour trait ou presque et avec plus ou moins de succès, le modèle de cette entreprise.

Vous aussi vous voulez percer avec votre site et attirer des millions de visiteurs. Après tout c’est pour cela que vous êtes venu sur le web. Vous voulez toucher le plus de monde possible en dématérialisant tout ce qui peut l’être. Mais saviez-vous que la Success Story Amazon n’a pas commencé sous les plus beaux auspices ?

Si dès la première semaine le site générait quelques 12000$ de CA, il a très vite accumulé des pertes. Celles-ci atteignaient 52.000$ à la fin du premier exercice en 1994 et le site s’engageait dans une pente qui drainait tous les fonds propres du créateur Jeffrey Bezos. Les choses semblaient aller de mal en pis et il prévoyait déjà une perte s’élevant à plus de 300.000$ pour l’année 1995. Cet été là, la faillite n’était déjà plus très loin avec seulement 45 jours en fonds de roulement en caisse.

Je pense que ce scénario beaucoup d’entrepreneurs le vivent sur le web français. On parle de près de 70% d’E-commerces qui mettraient la clé sous la porte peu après le lancement du site. D’ailleurs ce n’est pas un phénomène exclusif au web, il intervient juste plus rapidement dans un monde où la vitesse se mesure en Mbs.

Amazon : Les facteurs clés de succès

Vous voulez connaitre la différence qui a fait qu’Amazon réussisse là où la majorité échoue ?

Bezos avait tout simplement foi en son entreprise et avait pris soin de bétonner son Business Plan. Il était prêt à tous les sacrifices et même à perdre de l’argent sur des années s’il le fallait. L’important pour lui était de réussir à imposer son modèle. Il réinjectera le moindre centime engrangé pour faire prendre de l’altitude à Amazon.

C’est assez impressionnant de voir une telle force de conviction, surtout que les utilisateurs de l’époque n’avaient pas encore l’habitude de faire leur shopping en ligne. Il fallait leur réapprendre à acheter et tout marketer sait que changer les comportements des consommateurs est tout sauf une sinécure.

Mais vous arguerez qu’avoir la foi ne suffit pas, le nerf de la guerre c’est l’argent et vous avez bien raison. Jeff en manquait cruellement et pour lever des fonds, il fallait bien plus qu’un bon Business Plan. Rajoutez à cela le fait qu’il ne savait vraiment pas se vendre. Par contre, il avait un attachement tel pour son projet qu’il a su transmettre cette foi aux gens autour de lui. Il a ainsi réussi à lever 1 million de Dollars (il en cherchait six à l’origine).

Visez la Lune, vite !

 

Vingt pages de Business Plan plus tard, Amazon atteignait une rotation de stock de 20 sur l’année alors que la moyenne nationale n’était que de 2 pour une entreprise classique. Un véritable tour de force qui s’explique par l’investissement consenti. Il faut dire que le marché n’était pas aussi étendu qu’il ne l’est aujourd’hui. L’argent levé devait alors servir à saturer le marché de la vente de livres en ligne (ils ne vendaient que des livres à cette époque là chez Amazon).

Vous vous demandez sûrement pourquoi Jeff était-il si pressé de faire grossir sa société. La raison est bien simple, la concurrence commençait à prendre forme et elle ne resterait pas éternellement en retrait. La niche qui existait, risquait de devenir Mainstream (Une tendance qui prédomine) si un éditeur comme Barnes & Nobles, leader de la vente de livres aux US venait sur le marché avec ses gros moyens.

Ce qu’il ne fallait pas oublier c’est qu’Amazon avait un avantage compétitif par rapport aux boutiques physiques puisqu’ils pouvaient écraser le niveau d’immobilisation au minimum et réduire les délais de paiement client à quelques jours, tout en négociant un délai de paiement fournisseur plus que confortable. Avec ceci, l’entreprise pouvait grossir vite sans pour autant augmenter ses coûts opérationnels. Ce postulat peut être généralisé à tout le secteur de l’E-commerce ou presque. Vous avez donc tout intérêt à investir massivement dès lors que le potentiel du marché le permet.

La Voie Sacrée

Sur Le Chemin De La Réussite

En vérité, les choses ne se passeront pas aussi simplement pour vous. Déjà que c’était bien complexe dans le cas d’Amazon. Les raisons qui feront que vos initiatives échouent sont différentes en France.

Vous aurez besoin de fonds et la culture des Venture Capitalists et de Business Angels n’est pas aussi développée en France qu’elle ne l’est aux US. Vous irez à la banque, mais les convaincre relève souvent du parcours du combattant.

Il existe pourtant une solution toute simple. Celle adoptée par Jeff : croyez en vos amis, développez votre réseau, rencontrez le plus de monde et faîtes parler de vous. Vous n’avez pas forcément à vendre une idée de projet, c’est votre tempérament, votre assurance et l’implication (réfléchie et chiffrée) qui séduira votre entourage et par effet boule-de-neige les personnes qui lui sont proches.

Construisez donc deux scénarios d’évolution pour votre projet. Le premier sera optimiste, l’autre moins enthousiaste et calculez les besoins dans les deux cas. Essayez d’avoir les financements pour le scénario le plus optimiste, au pire, vous aurez de quoi assurer un développement plus modeste.

Par contre, si vous vous limitez à vos propres apports et à ce que vous rapportera votre projet au départ c’est que vous manquez cruellement d’ambition. Au fond, vous ne croyez vraiment pas au potentiel du marché. Dans ce cas, ce n’est vraiment pas la peine de vous lancer dans l’entreprenariat. L’E-commerce ne fait pas défaut à cette règle. Ceux qui croient faire fortune facilement sur le web feraient tout aussi bien de demander au Père Noël de leur faire décrocher l’Euro-million, ils seront moins déçus au final.

Khalil
SEO and Digital Marketing Manager Enova Technologies

Posts Voisins:

Tags: , ,

Vous pouvez laisser une réponse pertinente et obtenir ainsi un lien en Dofollow!

5 Résponses to “E-commerçants: Il faut viser haut et vite (L’exemple d’Amazon)”

  1. LaurentB says:

    Le vrai business d’Amazon n’est pas celui qu’on croit !
    Plutôt qu’un long commentaire, je me permets de faire pointer vers mon article qui parle du sujet.
    En bref, Amazon est plus une banque qu’un vendeur de produits.
    http://www.laurentbourrelly.com/blog/698.php
    LaurentB recently posted..SEO World CupMy ComLuv Profile

  2. kmaaouni says:

    Bonjour Laurent. Merci d’être passé laisser un commentaire.
    Ton article comporte en effet un très grand nombre d’informations que tout E-marchands se devrait de connaître.

    Pour ce qui est de “l’aspect banque”, on en arrive simplement au point que l’E-commerce s’approchera un peu plus des stratégies de la Grande Distribution.

    La taille est un facteur important et il ne faut pas brûler les étapes. Mon article rappelait donc qu’il fallait chercher à atteindre la taille critique qui permet vraiment d’asseoir son business et de penser alors à jouer dans la cours des grands. Autrement, l’entreprise se dirigera vers une longue et douloureuse agonie (dans la majorité des cas).

  3. Maude from femme de ménage says:

    Aujourd’hui le E-commerce est devenu un business assez important tout de même. De plus en plus de personnes pensent que monter une entreprise de vente sur Internet est une réussite immédiate alors qu’il faut un travail de fonds important derrière comme pour toute autre entreprise.

    Sur l’avenir du e-commerce, certains voient la fin de l’achat dans un magasin et donc le tout achat sur internet. Je pense que pour certains achats (les achats impliquant essentiellement) ne sont pas possible hors magasin. De plus, le shopping est tout de même quelque chose de très répandu qui ne s’éclipsera jamais.

  4. pps humour says:

    Je ne connaissais pas l’histoire d’Amazon mais par contre je suis client chez eux et je comprends maintenant la régularité et l’efficacité de cette entreprise. A chaque fois que j’ai commandé un article sur Amazon je l’ai reçu 3 jours après sauf s’ils indiquent un retard potentiel sur la page de l’article. J’ai testé également pour noël et j’étais plutôt en retard et le dernier paquet est arrivé le 24 :) C’est une vraie horloge Suisse, de sorte que quand je croise quelqu’un de frileux à acheter sur internet je lui conseille Amazon ;)

  5. [...] Sans vouloir égaler Amazon, visez aussi haut que possible pour votre projet e-commerce E-commerçants : Il faut viser haut et vite (L’exemple d’Amazon) (Blog – E-nova) [...]

Laisser une réponse

CommentLuv Enabled

Merci de me notifier tout nouveau commentaire par mail. Vous pouvez aussi souscrire à cet article sans laisser de commentaire.